Enrichir le Milieu de Vie du Cheval !

ENRICHIR L’ENVIRONNEMENT DE SON CHEVAL AFIN DE LEUR CRÉER UN MEILLEUR MILIEU DE VIE, ÉVITER L’ENNUI ET LES STÉRÉOTYPIES.

Article écrit par Denyse Rousselet

En tant que propriétaires de chevaux nous sommes très à l’affût de leurs besoins au niveau nutritionnel, hydrique, abri, sécurité de même qu’à l’importance de faire de l’exercice. Ils sont suivis par leur vétérinaire, ostéopathe, acupuncteur et souvent plusieurs autres professionnels pour des soins de santé nec plus ultra. Toutefois, nous oublions parfois leurs besoins très spécifiques de liberté de mouvement et de socialisation. Les chevaux sont des animaux de troupeau. Ils ont besoin des autres pour assurer leurs besoins de contacts sociaux et de sécurité : ce sont des proies.

Photos : Chevaux au Cardinal ranch où Indy a été élevée pendant 5 ans. Certes qu’elle n’a pas aussi grand maintenant  mais intéressant de constater que dans les deux situations les chevaux se rassemblent souvent malgré le grand espace disponible. Et que dire de les voir manger dans le même bac ou le même filet alors qu’il y en a d’autres tout proche.

Il peut être difficile dans certains milieux de répondre à ces besoins pourtant essentiels à leur bien-être.

Photo : Juste à me laisser sortir et je serai heureux.

Plusieurs éthologues équins nous rappellent que 10 à 20% des chevaux développent des comportements stéréotypés car ils ont de la difficulté à faire face aux exigences de la vie domestique si je peux dire. L’article ‘’Stéréotypies chez le cheval : le cri silencieux du stress’’ de cette série SUJETS VARIÉS décrit bien ces problèmes. Sans parler des modifications sanguines telles modifications au niveau des globules blancs, du cortisol plasmatique et des neutrophiles selon Sonya Schumucker et ses collègues de l’Université de Hojenheim en Allemagne. Ces données doivent avoir un impact sur nous en ce sens que l’on doit à notre cheval de se demander comment non seulement éviter ces problèmes mais comment leur rendre la vie plus agréable.

Une formation avec Mary Richards une Animal Behavior Expert & Equine Zoological Manager qui se spécialise dans les chevaux de même qu’avec Karen Rolf de Dressage Naturally aux USA m’ont aidée à peaufiner ce texte. Mary éduque les propriétaires de chevaux de même que les propriétaires de centres équestres sur l’importance d’enrichir la vie de nos chevaux. Vous pouvez la contacter via son site web  https://www.enrichedequine.com/ . Plusieurs sites web nous donnent une multitude de façons d’enrichir le milieu de vie de notre cheval.

Tout comme mes discussions avec Petra Christensen de GENUINE CONNECTIONS Horsewomanship Curriculum Relationship Reset et mes 2 mois passés avec Farrah Green, présidente de la Fondation internationale de Horsemanship, m’ont inspirées par leur vision du bien-être de notre cheval.

Ces 4 pyramides sont d’excellents résumés des besoins de nos chevaux allant du très très détaillé au simple.

Stacey Westfall des USA a un tableau plus synthétque.

Traduction en français ⏬️

          Oui, il y a plus

Amour et sentiment d’appartenance

Sûreté et sécurité

Air, nourriture, eau, abri et sommeil

Eric St-Arnault, horseman québécois, décrit les besoins de nos chevaux domestiques ainsi. Il tient compte que nos chevaux sont bien nourris et qu’ils ne sont pas en quête constante de nourriture. Alors pour lui, il dit que la nourriture n’est pas ce qu’il y a de plus important pour notre cheval.

Nourriture

Jeu

Sécurité, confort, l’importance de créer des patterns de relaxation

Source : Cheval Québec Magazine , printemps 2025, vol 43 no.1 page 28.

Que veut dire enrichir le milieu de vie de mon cheval?

C’est de tenter d’améliorer le quotidien de notre cheval afin de répondre à leurs besoins de socialisation, de liberté, de mouvement et de broutage. Ceci afin d’éviter l’ennui et de réduire les comportements stéréotypés. Warwick Schiller nous le rappelle fréquemment, les chevaux ont besoin des 3 F :  freedom, food and friends soit la liberté, les amis et le besoin de brouter plusieurs heures par jour. Andy Booth l’a bien traduit dans ce schéma.

La chercheure en éthologie et autrice Léa Lansade dans ses écrits ajoute une 4e lettre soit un ‘’S’’ pour sommeil un besoin parfois négligé pour nos chevaux.

Les 5 libertés du bien-être animal développées par le FARM ANIMAL WELFARE COMMITTEE de Grande Bretagne pour établir des principes de soins et de gestion devant s’appliquer à tous les animaux captifs qu’ils soient domestiqués ou sauvages.

Limiter les sorties, restreindre la liberté de mouvement et la socialisation va à l’encontre des libertés du bien-être animal.

1. L’absence de faim et de soif en fournissant un accès à une alimentation et en eau adéquates.  

2. L’absence de douleur, de blessures et de maladies par la prévention, le diagnostic et le traitement.

3. L’absence d’inconfort en fournissant un environnement approprié, y compris un abri et une aire de repos confortable.

4. La liberté d’exprimer des comportements normaux en fournissant suffisamment d’espace, des installations adéquates et la compagnie d’autres animaux de sa propre espèce.

5. L’absence de peur et de détresse en fournissant un environnement sûr et un traitement pour éviter la souffrance psychologique.

Au Canada, le CCPA* (Conseil canadien de protection des animaux) a aussi publié en 2024 un rapport sur les soins que requièrent les animaux dont les chevaux. Il en est de même pour l’Association québécoise de protection des chevaux qui prône pour la stimulation,  la socialisation et l’enrichissement environnemental qui conviennent aux impératifs biologiques des chevaux.

 

Photos : Refuge Galahad au Québec

Il ne faut pas oublier que les chevaux sont des animaux d’habitude ; ils sont néophobes.  Apporter des changements n’est pas toujours facile; nous n’avons pas toujours les effets positifis anticipés. On doit y aller lentement et très bien doser les remaniements afin de ne pas créer de stress inutilement.

Photo : ‘’Les chevaux préfèrent la prévisibilité. Ignorer ces besoins peuvent les rendre confus et les mener à résister à nos demandes’’.

Enrichir le milieu de vie de mon cheval ?

Une fois que nous avons fourni les 3F à notre cheval il nous faut aussi penser à notre partenariat et pas seulement aux 3 éléments cités. Andy Booth résume bien cette idée dans cette pensée : une phrase fort importante.

*

Les paroles de Larry Stewart, instructeur Parelli 5*, premier horseman rencontré dans ma formation en horsemanship il y a 17 ans m’ont marquées pour toujours. ‘’NEVER FORGET WHAT’S IN IT FOR THE HORSE’’. N’OUBLIEZ JAMAIS, QU’Y A-T-IL POUR VOTRE CHEVAL?

En plus d’un partenariat où chacun se développe harmonieusement et bien on recherche aussi un environnement qui supporte le bien être physique, psychologique et social de notre cheval afin qu’il adopte les comportements appropriés à son espèce et qu’on évite l’ennui tout comme les stéréotypies. Il ne faut pas oublier que notre cheval passe plus de de 85% et même 90% de son temps sans notre présence. Parfois 3 hres/24 et souvent moins avec nous.

Le groupe Facebook de France  BIEN-ÊTRE DES CHEVAUX contient des articles, études, astuces et enrichissements divers. On y retrouve une foule de suggestions les unes plus intéressantes que les autres. Leur but : mieux comprendre les chevaux et contribuer à leur bien-être.

Le groupe anglophone Facebook ENRICHMENT FOR HORSES propose une multitude de façons de rendre la vie des chevaux plus stimulante. Les photos sont suffisantes pour nous donner des idées si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare. Il y des suggestions des plus diversifiées voire intéressantes et surtout souvent peu dispendieuses.

Photo : Page frontispice du groupe Facebook : ENRICHMENT FOR HORSES !

Comment enrichir la vie de notre cheval ?

  • Apporter de la variété dans sa routine quotidienne sans toutefois l’inquiéter ou le  stresser mais que le cheval se pose la question ‘’comment va-t-on procéder aujourd’hui ? Plusieurs exemples dans l’article Comment les patrons aident votre cheval ? dans la série BÂTIR LA CONFIANCE. On veut à tout prix éviter de créer un cheval ‘’robot’’ car tout est pareil et il n’a pas besoin d’être connecté à son humain car tout est mécanique si je peux dire ; il n’a pas à penser. Variez la routine afin de ne pas toujours faire les choses dans le même ordre, ne serait-ce que le pansage. Pourquoi parfois ne pas commencer par les sabots ? Curer les 4 sabots du même côté ? Le faire alors que le cheval est en liberté dans son rectangle imaginaire. L’article ‘’Le rectangle, votre cheval choisit l’arrêt’’ de la série PARTENARIAT explique bien cette technique.
  • Développer sa curiosité face à de nouveaux stimuli. L’article sur  Comment  développer la curiosité de votre cheval ? dans la série BÂTIR LA CONFIANCE donne aussi plusieurs exemples pour stimuler notre cheval ce qui en plus le rend plus confiant. Nous avons souvent tendance à éviter les stimuli au lieu de les exposer aux divers stimuli. Lyne l’exprime très bien dans ce texte.

Indy curieuse quand elle a vu ce chevreuil en plastique lors d’une clinique. Elle qui a été élevée dans une immense vallée en C-B pendant 5 ans ne comprenait pas ce que c’était tant qu’elle ne s’est pas mis le nez dessus et réalisé qu’il était faux.

Tout comme lorsqu’elle voit des obstacles nouveaux lors de nos sorties. Elle est calme et intéressée à explorer les objets.

 

  • Je dis parfois aux copines ‘’au lieu de monter aujourd’hui pourquoi ne sortez vous pas votre cheval afin qu’il apprivoise le tracteur qui est à charger l’immense remorque pour éliminer le tas de fumier. Il y a de l’action, profitez-en’’.Et je dirais ça encore plus à celles qui ne montent pas dans le manège quand tout ce brouhaha dehors et qui remettent leur cheval au box. N’évitons pas l’action mais exposez votre cheval avec les bonnes stratégies d’approche/retrait/approche et de relaxation afin de développer un cheval confiant et j’ajouterais curieux et intéressé.

Dans cette vidéo Indy regarde la pelle du tracteur remplie de fumier se faire déverser bruyamment dans le camion. Elle peut le regarder calmement de face, de côté et même d’en arrière.

https://youtube.com/shorts/5FUy_spJ1YE

Indy suit le VTT dans le manège au lieu d’attendre et même de sortir.

https://youtu.be/7HopI9tKE08

  • Les 3 articles ‘’ Approche, retrait, approche’’ ainsi que l’article ‘’Votre cheval est-il détendu ?’’ de la série BÂTIR LA CONFIANCE expliquent les différentes stratégies à utiliser afin d’exposer notre cheval à différents stimuli et ainsi l’intéresser et le rendre plus courageux sans le stresser.
  • N’évitez pas les stimuli afin de développer un cheval confiant et ainsi plus sécuritaire en utilisant les techniques appropriées.  Alors que les cavalières sortent du manège car le tracteur tasse la neige ou le tas de fumier pourquoi ne pas en profiter. Elles font même un détour pour retourner à l’écurie afin d’éviter de passer proche de l’équipement alors que j’amène mes chevaux tout proche et qu’ils sont d’un calme exemplaire car exposés à plein de stimuli lors de nos sorties et de nos jeux.
  • Lui donner des responsabilités afin de stimuler leur sphère mentale. Plusieurs articles sur ce sujet dans la série RESPONSABILISER SON CHEVAL dont l’article ‘’Le rectangle, votre cheval choisit l’arrêt’’ série PARTENARIAT.

Photo : Eddie demeure dans son rectangle imaginaire pendant que son sabot trempe dans une solution antiseptique.

  • Apporter de la variété dans les séances d’entraînement. Faites des patrons, ça exige parfois que très peu de matériel et ça stimule l’intérêt de notre cheval. Souvent je m’amuse à laisser Indy choisir son patron. Son favori, les pas de côté sur une pôle. Elle se sait regardée car c’est la seule qui réussit cet exercice et elle apprécie ça.

 

Photos : avec 4 pôles et 4 à 5 cônes on peut faire une variété d’exercices afin de rendre ça intéressant pour notre cheval.

  • L’hiver quand les pistes dehors ne sont pas trop sécuritaires on joue dans le manège avec le ballon, la toile, les figures ci-haut et on pratique à ouvrir et fermer une clôture selon les 2 approches, à passer dans un ‘’squeeze’’ à pied et en selle.
  • L’article ‘’L’AGILITÉ ÉQUINE, UNE DISCIPLINE accessible à tous’’ de la série PARTENARIAT contient plusieurs idées afin de stimuler l’intérêt de notre cheval que ça soit en ligne, en liberté et en selle.
  • Changer l’endroit où on entraîne parfois le manège, la carrière extérieure ou même sur une belle piste en randonnée.
  • Penser à jouer avec notre cheval afin de développer son sens d’exploration et sa curiosité. Indy n’est pas très enjouée sauf si je suis en selle avec divers obstacles. Là elle est curieuse, motivée et intéressée.

 

Nous devons modifier le milieu de vie de notre cheval

Il est important pour nous de réaliser que notre cheval n’a pas seulement besoin de foin, de liberté de mouvement et d’amis comme nous rappelle Warwick Schiller. Nous devons aussi tenter de lui offrir un environnement stimulant, intéressant afin de simuler son milieu de vie naturel car dans la nature les chevaux n’ont pas ces comportements indésirables. De plus en plus des entraîneurs/instructeurs de grande réputation essaient de garder leurs chevaux dehors et en petit troupeau quand possible. Carl Hester, cavalier olympique réputé nous dit que son terrain est sur le bord d’une rivière et quand celle-ci déborde il est bien peiné de ne pas pouvoir sortir ses chevaux pendant un certain temps.

Sans parler de comportements moins évidents tels le manque d’intérêts, la lassitude d’être au box donc l’ennui. L’ennui est un des pires effets de la solitude au box.

Une étude publiée par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Canada) a démontré les bienfaits de la mise en place d’un protocole d’enrichissement sur les fonctions cognitives du cheval et sur son bien-être tel :

  • moins de comportements anormaux
  • moins de réactivité
  • moins de positionnement des oreilles vers l’arrière
  • moins de méfiance envers l’humain lorsque manipulé
  • moins de comportements de vigilance
  • plus de temps de repos en position latérale
  • plus grande réussite lors de tâches cognitives complexes

Cheval Québec Magazine, automne 2022, vol. 4. No 3, p.13-14

Les changements étaient pourtant pas si nombreux ;

  • Vie au box pendant 8 hres maximum par jour.
  • Les 10 chevaux du groupe enrichi étaient sortis au paddock tous ensembles avec une jument d’expérience.
  • On n’a même pas ajouté de stimuli par les humains, le troupeau apportait déjà suffisamment pour aider ces chevaux de façon significative.

Alors pensons que si nous ajoutons des stimuli comment on enrichit leur vie.

Évitons l’ennui

Un problème majeur chez les chevaux domestiqués, lennui  devient source de stress chez le cheval. Il nous faut l’éviter à tout prix.

Au niveau physique : modifions l’environnement

  1. Certes la première chose c’est de minimiser les heures au box.
  2. Sortir avec plusieurs autres chevaux idéalement avec des chevaux d’expérience. Mettre les poulains tous ensembles lorsque sevrés c’est un peu comme mettre les jeunes enfants à la maternelle sans professeur, sans modèle.

Depuis plusieurs années on parle d’un milieu de vie qui permet au cheval de vivre en troupeau et en liberté en minimisant les heures passées au box. Il faut penser que les conditions de vie de nos chevaux sont le résultat des besoins de l’humain et non du cheval : box, petits paddocks avec 1 seul cheval parfois 2 rarement 3 mais pas de groupes.

Christa Lesté-Lasserre a publié dans la revue THE HORSE en août 2023 une étude démontrant que les chevaux vivant en groupe dans un pâturage avaient plus de facilité à comprendre les indices des humains lors de leur entraînement quelle que soit leur relation avec l’humain. Elle dit que c’est plus important pour le cheval les amis au pâturage que l’humain qui les éduque sans toutefois nier que la connexion avec leur humain est fort importante. Comme dit Mme Lasserre les chevaux passent beaucoup plus de temps à interagir avec leurs congénères qu’avec leur humain.

Le paddock assure la liberté de mouvement et la socialisation

Certes que la vie en groupe dans un paddock répond aux besoins de liberté, de mouvement et de socialisation de notre cheval.

Le cheval au box est un peu comme l’humain pendant la pandémie de COVID.

Le prochain article traitera des concepts de ‘’track system’’ et ‘’paddock paradise’’ alors je n’en discuterai pas dans cet article.

Au niveau sensoriel

On parle de jouets pour le box et même le paddock : le gros ballon, une toile au sol ainsi que divers jouets. Plusieurs auteurs suggèrent des endroits pour se frotter et même se gratter tels des brosses clouées sur des poteaux ou sur les murs de l’abri  etc.

Tentons de stimuler les sens soit l’ouïe, le toucher, l’odorat, la vue. L’article  ’Comment développer la curiosité de notre cheval ?’’ de la série BÂTIR LA CONFIANCE donne des exemples.

Donnons-lui des jouets pour stimuler la curiosité et le jeu chez les chevaux lorsqu’ils sont au paddock surtout si celui-ci est minuscule. Si on peut cacher des ‘’bonbons’’ dans les recoins du paddock, mettre des jouets ici et là ça stimule l’intérêt de notre cheval.

 Le concept de ‘’ brain work’’ est fort intéressant car ça stimule mon cheval mentalement. www.brainworkfor horses.com. L’article ‘’Développons nos chevaux: Brain work et free shaping’de  la série RESPONSABILISER SON CHEVAL décrit ce concept.

Sortons notre cheval du paddock et du manège

Pensons à le divertir ne serait-ce que de l’amener prendre une marche dans le bois ou aller brouter du gazon à l’extérieur de son paddock ou du box.

Les copines et moi allons souvent marcher dehors avec notre cheval été comme hiver. On jase, les chevaux broutent, mangent des aiguilles de pin et l’hiver ils grattent dans la neige pour trouver de l’herbe plus longue car dans nos paddocks, le gazon ne pousse jamais suffisamment pour allonger. Indy adore se rouler dans la neige et même cette fois elle a sommeillé à en ronfler.

Quand c’est possible allons ailleurs pour des randonnées, des cliniques voire des vacances. Indy a participé à 50 parades et elle adore ça; certaines avaient 25,000 spectateurs. Elle est d’un calme remarquable et nous dit clairement qu’elle s’est amusée car elle ne veut pas revenir à l’écurie. Elle se braque devant la remorque et dit ‘’non’’. Je dois lui dire que c’est fini et lui montrer que les gens s’en vont afin qu’elle monte comme à son habitude. Certes qu’on ne peut pas offrir ça à tous les chevaux mais pensons à de la VARIÉTÉ au niveau des activités.

Au niveau alimentaire

Dans la nature, le cheval passe jusqu’à 75% de son temps à chercher, sélectionner, goûter, rejeter et finalement ingérer de la nourriture alors que dans la vie domestique c’est réduit à beaucoup moins de temps. Il est dans nos habitudes d’utiliser des filets à foin, ce qui augmente leur temps de consommation d’environ 50%. Lorsque le foin est mis par terre dans le box, on parle de 10% du temps consacré à l’ingestion de nourriture. Par contre, même avec un filet à foin, les chevaux vont se planter parfois des heures de temps devant un filet.

Le problème ici c’est qu’il lui reste beaucoup de temps à ne rien faire, donc ça contribue certes à augmenter l’ennui.

De plus, dans la  nature, le cheval se déplace quasi à toutes les deux bouchées pour brouter alors que dans  sa vie domestique il est parfois debout pendant des heures devant un filet à foin. Quand ils vivent en  troupeau, on les voit constamment changer de filet, tout en douceur afin de répondre à ce besoin de mobilité de même qu’à celui de réclamer leur territoire.

On voit de plus en plus dans les écrits, différentes façons de placer le foin afin que les chevaux se déplacent pour s’alimenter. Idéalement, on étendrait le foin partout dans le pâturage. Certes pas facile à faire donc très pas réaliste mais on peut certes trouver une solution mitoyenne ne serait-ce que d’étaler  les filets à foin. Dans le prochain article je parlerai de ce sujet.

Puisque nos chevaux ne dépensent pas autant d’énergie que s’ils étaient à l’état sauvage, plusieurs d’entre eux souffrent de surpoids ce qui entraîne des problèmes métaboliques de même que des problèmes au niveau des sabots.

Plusieurs suggèrent d’étaler le grain, plus facile à dire qu’à faire. D’autres de mettre des objets non comestibles dans le plat à grain. Ainsi le cheval doit tasser, lécher, bouger les items et ça ralentit l’ingestion du grain.

  

Le bloc de glace

Les nutritionnistes de Madbarn en Ontario suggèrent de remplir un contenant d’eau et d’y mettre du foin, du gazon, des morceaux de pomme et de carottes. Gelez-le et puis mettez le dans un plus grand récipient dans le paddock. C’est une façon d’occuper son cheval, de  ralentir sa consommation de nourriture tout en étant une stimulation  sensorielle. Pas très pratique à moins d’avoir un gros congélateur mais intéressant. Ce qui est aussi intéressant c’est  que les pommes vont flotter et les carottes calent donc il y a de la nourriture tout au long du processus de fonte.

Photo provient du site web de Mary Richards.

Le carton d’œufs

Mettre divers aliments dans  les trous du carton. Ils semblent que les chevaux ne mangent pas le carton selon les chercheurs chez Madbarn. Certes que ça fournit une activité  ludique pour les chevaux.

Photo : Madbarn en Ontario

Au niveau du pansage

Que ce temps ne soit pas consacré uniquement à brosser et garder notre cheval propre mais on devrait aussi mettre notre focus sur le fait de passer du temps ensemble, un peu comme lorsque les chevaux se gratouillent entre eux. Ces sessions où chacun frotte l’autre sont reconnues pour diminuer le rythme cardiaque du cheval de même que de promouvoir sa relaxation.

Profitez de ce temps pour trouver son endroit préféré pour être gratté, frotté. Indy a perdu ses 3 colocs en 21/2 ans et on a introduit les 2 fjords sauvages avec elle une fois suffisamment apprivoisés. Elle et Freya ont développé un rapprochement fort bienvenu.

https://youtube.com/shorts/DYfazXix2Z 

Mon amie Lori Ann a une jument de polo qu’elle a achetée il y a 2 ans. La jument était très introvertie à en être catatonique au début. Elle a beaucoup travaillé à prendre son temps, lui laisser des choix et pas toujours une vie axée sur le travail. On la voit préparer sa jument, des moments de tendresse et de relaxation. Cortado fait souvent du ‘’lick & chew’’. Dans cette vidéo elle est détendue et démontre par ses babines son relâchement

Autres suggestions 

Quelques idées provenant du site Facebook ENRICHMENT FOR HORSES pour des chevaux au box.

   

Photos: des tapis de caoutchouc dans lesquels on met du jus et puis on congèle. Le carreau avec des tissus de texture variée est certes intéressant sauf que certains chevaux arracheraient le tissu. Le bac d’eau avec morceaux de pommes et carottes est un favori. Toutefois, certains vétérinaires ne recommandent pas car ils nous informent que le cheval doit avoir la pomme,  la carotte en entier afin de réaliser qu’il doit le croquer et couper les morceaux. Le risque d’avaler tout rond est plus grand quand les morceaux sont déjà coupés.

Pour résumer 

Le bien-être de notre cheval n’inclut pas que ses besoins physiques mais aussi ses besoins au niveau mental et social. Nous savons fort bien qu’un milieu non enrichi risque d’amener des comportements stéréotypés de même que l’ennui.

Le prochain article sur enrichir le milieu de vie de notre cheval traitera des concepts de la vie en groupe au paddock, entre autres avec le ‘’track system’’ et le ‘’paddock paradise’’ afin de compléter ce texte.

MERCI À SCOTT CIESLAR DE MADBARN ET SON ÉQUIPE POUR LEURS ÉCRITS SUR CETTE PROBLÉMATIQUE SUITE À DES RECHERCHES POUSSÉES EN LA MATIÈRE.

Il EN EST DE MÊME POUR MARY RICHARDS, PETRA CHRISTENSEN, FARRAH GREEN ET LES SITES FACEBOOK CITÉS.

Voici la première partie de cet article. La suite sera disponible dans le prochain article d’avril.

Lyne Laforme

Lyne Laforme

Lyne Laforme est entraîneur niveau 3 en performance certifiée Fédération Équestre du Québec et Canada Hippique. Ses 45 années d’expérience et sa passion confirmée pour les chevaux l’ont amené à occuper un rôle d’avant plan, tant au Québec qu’à l’extérieur de nos frontières, dans l’enseignement de son programme d’entraînement. Lyne est juge NRHA, FFE Juge Elite (France) et AQHA Level 1 en plus d’être juge spécialisé AQHA en Reining et Ranch Riding et Trail. En 2013, elle a reçu la médaille du Jubilé de la Reine Elisabeth II, cette distinction lui a été accordée en raison de sa contribution significative apportée au développement du sport équestre.

Je m’appelle Lyne Laforme

Entraîneure et coach professionnelle en éducation

Lyne Laforme - Coach éducation cheval

 Depuis 1980, j’aide les cavalières et cavaliers à entraîner leurs chevaux pour établir une relation harmonieuse avec leur cheval et à devenir le centre de son univers.

Je suis aussi l’auteure du “Manuel d’équitation Western – Un plaisir partagé” vendu à plus de 10 000 exemplaires et disponible sur Amazon.

En 2013, j’ai reçu la médaille du Jubilé de la Reine Élisabeth II pour ma contribution significative apportée au développement des programmes d’enseignement et d’entraînement en sport équestre au Canada et en Europe.

Aujourd’hui, je veux transmettre les connaissances que j’ai acquises avec l’expérience et les centaines de cavalières et cavaliers que j’ai pu rencontrer.