PARTENARIAT BIENVEILLANT – la suite
Cet article écrit par Denyse Rousselet fait suite au précédent où elle a abordé 3 concepts par rapport à la bienveillance soit :
- Soyons bienveillants envers soi-même avant de penser à être bienveillant envers notre cheval.
- Passons du temps de qualité avec son cheval et surtout du temps à ne rien faire, ne rien lui demander.
- L’art d’écouter.
Elle poursuit donc avec les 4e et 5e concepts : l’importance de ralentir et la patience
L’importance de RALENTIR!
Photo : Commencez par ralentir, sortons de notre monde mental et ouvrons-nous afin d’écouter notre cheval.
Cette phrase de Jonathan Field, horseman canadien fort réputé, m’a certes inspirée à écrire sur cet important sujet. Notre vie avec nos chevaux est souvent centrée sur des demandes, demandes et encore des demandes, des mouvements à accomplir et à RÉUSSIR! En plus nous sommes souvent pressés par le temps car nous avons autre chose à faire car notre cheval c’est notre loisir, pas notre travail à plein temps. Et comme on dit souvent, il faut travailler afin de se payer le luxe d’avoir un cheval.
Le très réputé horseman Warwick Schiller nous rappelle que c’est quand on cesse d’entraîner et commence à écouter: c’est là que ça commence dit-il.
Certes que nous savons pertinemment comme le dit Lyne Laforme que la règle avec notre cheval est
20% de pression et 80% de relâchement
mais ce n’est pas toujours évident pour nous humains centrés sur les tâches à maîtriser. Ceci veut dire 4 fois plus longtemps à ne rien faire, attendre que l’information soit assimilée voire digérée. Ouf! Chris Cox nous rappelle souvent le concept de trempage. L’article ‘’Connaissez-vous l’importance du trempage’’ de la série sur le PARTENARIAT explique bien ce concept. Son livre ‘’RIDE THE JOURNEY’’ élabore ce concept fort important. Certes que ça vient brasser bien des façons de faire. Certains entraîneurs m’ont encouragé à compter lentement jusqu’à 10 et même 20 avant de demander autre chose à mon cheval.
Bill Dorrance, horseman fort réputé nous l’a dit fort bien : ‘’C’est lorsqu’une personne précipite le progrès d’un cheval qu’elle est enclin à faire le commentaire que c’est un cheval ‘’problème’’.
Alors je partage avec vous un ensemble d’idées pour vous stimuler à réfléchir sur ce sujet. Quand on travaille avec notre cheval demandons moins, diminuons nos attentes, utilisons moins de contact sur les rênes, moins de pression sur la longe ou via nos jambes. Pensons à la DOUCEUR de nos aides, notre cheval le ressentira.
Andrea Wady de Grande Bretagne reconnue pour son concept de liberté pure nous rappelle notre relation habituelle avec nos chevaux: nous sommes souvent pressés, n’avons pas beaucoup de temps pour vraiment étudier les réactions chez notre cheval. Afin d’entrer en communication avec lui, de gagner sa confiance, nous devons RALENTIR, prendre le temps de le regarder, de le RESSENTIR, mettre de l’attention sur ce qu’il aime, comment il apprend et comment il interagit : ceci transformera complètement notre relation avec notre cheval. L’article Liberté pure de la série APPROFONDIR NOTRE COMMUNICATION traite de ce sujet de bienveillance.
Gabi Neurohr dans son programme ODH (Operation Dream Horse) nous encourage fortement à RALENTIR afin que le cheval puisse absorber la leçon et démontrer son apprentissage par le ‘’lick & chew’’. L’article ‘’ L’importance du ‘’Lick & Chew’’ et le pourquoi? de la série PARTENARIAT AVEC LE CHEVAL explique ce concept.
Stacy Pattison de EquestrianPerformance.com nous dit :
Les jours de repos sont aussi importants que les jours d’entraînement car le surentraînement est dommageable.
Ceci me fait penser aux deux fjords norvégiens sauvages jamais manipulés, sauf le mâle pour la castration, que ma propriétaire d’écurie a adopté. Nous avons passé des heures dans leur box, à ne rien faire, souvent assises sur un seau renversé à juste être là, à respirer lentement et faire du ‘’lick & chew’’sans leur toucher car ils ne voulaient pas qu’on leur touche. Graduellement ils nous ont approchés et se sont laissés toucher. Intéressant car pour Thor j’ai commencé par la tête pour aller vers la queue alors que pour Freya j’ai commencé par l’arrière avant d’en arriver à lui toucher la tête. Je dois avouer que ces moments ont créé un lien incroyable avec nous deux. Dès qu’ils nous voient arriver ils se pointent et Freya renâcle toujours pour me dire ‘’bonjour’’.
Photos : 1er anniversaire de leur arrivée.
Intéressant de voir qu’ils n’ont pas eu peur du ballon avec l’excellent patron ‘’touches-y’’. L’article ‘’Touches-y ou touches-y pas!’’ de la série BÂTIR LA CONFIANCE décrit ce patron. J’ai dû enlever le ballon car trop de chevaux en ont eu peur. Indy a essayé de le mordre et n’y est pas parvenue car il bougeait beaucoup mais elle voulait jouer.
Mark Rashid, horseman américain fort reconnu nous rappelle que nous avons deux options : soit de donner à notre cheval le temps de penser ou de regretter de ne pas l’avoir fait. Ah que ça porte à réfléchir!
RALENTISSEZ selon Luc Parisis Horsemanship
Luc Parisis, horseman français nous dit que l’humain moderne ne prend plus le temps de vivre car il est pris dans un tourbillon incessant d’obligations, d’ambitions et de distractions.
Les chevaux vivent dans un monde où le temps s’écoule différemment. Ils savourent chaque instant, chaque brin d’herbe, chaque souffle de vent. Leur existence est rythmée par des saisons, la lumière du jour et leurs besoins naturels. Ils ne sont pas pressés par les séances ou des horaires rigides. Ils se déplacent à leur propre rythme, un rythme dicté par la nature elle-même.
Pour comprendre et apprécier les chevaux, il faut apprendre à ralentir. Il faut être prêt à écouter leur silence, à observer leurs mouvements gracieux et à ressentir leur présence apaisante. Les chevaux nous enseignent la patience et l’importance de la quiétude. Ils ne montrent que la véritable connexion ne peut se faire que lorsqu’on est pleinement présents, ici et maintenant.
Prendre le temps avec un cheval, c’est découvrir une forme de communication non verbale, basée sur la confiance et la douceur. C’est accepter que chaque interaction soit un échange d’énergie, une danse subtile entre deux êtres. C’est se laisser guider par leur sagesse instinctive et apprendre à être en harmonie avec leur monde.
En ralentissant, en prenant le temps de vraiment vivre, l’humain peut redécouvrir les valeurs essentielles : la simplicité, l’authenticité et la connexion profonde avec la nature et les autres vivants. Les chevaux, par leur simple présence, nous rappellent que la vie n’est pas une course, mais un voyage où chaque étape mérite d’être pleinement vécue et appréciée.
Ainsi, apprendre à comprendre et à respecter le temps des chevaux, c’est aussi apprendre à retrouver notre propre rythme naturel, à renouer avec notre essence profonde, et à redécouvrir la beauté de chaque instant. C’est un chemin vers une existence plus équilibrée, plus sereine, et infiniment plus riche.
SLOOOOOW DOWN! de Charlotte Cameron
J’aime beaucoup cette métaphore de Charlotte qui nous rappelle que nous devons rééduquer notre cerveau humain afin d’apprendre à ralentir.
SLOW, SLOW, SLOW nous conseille-t-elle.
Inspirez profondément, expirez lentement et concentrez-vous sur le moment présent, nous conseille-t-elle.
Marcher très lentement avec votre cheval à vos côtés.
Ralentissez le mouvement de vos mains quand vous touchez à votre cheval ou faites des choses avec votre cheval tel le pansage.
Ralentissez votre débit verbal.
Ralentissez vos mouvements lorsque vous manipulez votre courte longe.
SLOW to FLOW!
Charlotte nous rappelle que les humains sont beaucoup trop rapides lorsque nous manipulons notre cheval et que c’est une des premières causes de réactivité et du réflexe d’opposition que les chevaux démontrent.
La VITESSE = STRESS.
Photo : Il importe peu comment lentement vous allez. La lenteur convient très bien aux chevaux.
Charlotte nous explique que lorsque le cerveau perçoit un danger, le corps réagit en sécrétant l’hormone cortisol. CORTISOL et VITESSE sont bons partenaires selon elle. Le cortisol donne à l’organisme l’énergie afin de fuir ou combattre une situation stressante. Elle explique que le phénomène contraire peut aussi se produire soit que le corps bouge rapidement et crée une émotion de crainte dans le cerveau.
Elle dit que c’est un phénomène réversible qui se répercute car le corps et le cerveau sont très étroitement liés. Dès qu’une proie voit un animal à pleine vitesse quel que soit l’animal, inconsciemment le cerveau perçoit ça comme une menace et sonne l’alarme. Si nous marchions sur un chemin parmi une foule et que tout le monde commençait à courir il nous serait difficile de ne pas emboîter le pas pour ne pas dire la course même si on ne connaîtrait pas le pourquoi de cette frénésie. Charlotte dit que dans ces moments nous avons activé notre instinct primaire de survie.
Une donnée fort importante est que les chevaux peuvent SENTIR LE CORTISOL dans notre sang car leur odorat est leur sens le plus développé. Elle nous demande si nous prendrions le temps de discuter si nous étions constamment aux aguets? Non, on ne penserait qu’à déguerpir. Elle nous met en garde car ça peut souvent aboutir en stress chronique
Ralentissons nos mouvements =
- ralentissement du processus de la pensée
- baisse du taux de cortisol
- meilleure connexion avec soi, les gens autour de soi
- ralentissement de notre système d’alarme et éventuellement il s’éteindra.
Ralentissez le plus possible nous conseille-t-elle jusqu’à ce que ça devienne inconfortable. Vous verrez que ça ne sera pas inconfortable pour longtemps promet-elle.
Remarquez que l’adrénaline n’a pas que des effets négatifs. Quand on a un exercice exigeant, un parcours ou un concours quelconque une certaine dose d’adrénaline va aider le cheval à bien performer car si je peux dire ça donne du gaz à la machine: ça potentialise ses capacités. Mais important que cette adrénaline ne soit pas une adrénaline d’anxiété mais de performance.
RALENTISSEZ! RALENTISSEZ! ET ENCORE RALENTISSEZ!
RALENTISSEZ nous dit Carson James
Carson nous rappelle qu’il est préférable de ralentir que de craquer (break down)
‘’It’s better to slow down than break down.’’
Je peux dire que tous les horsemen/women rencontrés dans mon parcours m’ont incité à ralentir, prendre le temps et ça a porté fruit!
Nous sommes très souvent trop pressés et c’est une habitude pas facile à se défaire.
L’INFLUENCE DE NOTRE RESPIRATION SELON LINDA KOHANOVE ET LYNE LAFORME
Ralentissez votre respiration. Prenons conscience de l’influence de notre respiration sur notre cheval. Linda Kohanov d’Eponaquest aux USA nous parle beaucoup du contrôle de notre respiration pour avoir un effet bénéfique sur le cheval. Même que nous parvenons à faire bouger notre cheval qu’en modifiant notre respiration. Et encore mieux ralentir notre cheval en ralentissant notre respiration.
Photo : Votre respiration est votre outil le plus puissant. Utilisez la pour vous connecter à votre cheval. C’est gratuit!
ETRE PATIENT(E)
Neil Davies, horseman australien réputé nous rappelle que d’être patient c’est une action.
Voici ce que Lyne nous dit
NE RIEN FAIRE c’est justement FAIRE QUELQUE CHOSE, voire BEAUCOUP. Toutefois, notre attitude pendant ces moments est fort importante.
Photo : La patience ce n’est pas juste le fait d’attendre mais c’est aussi comment on se comporte lorsqu’on attend.
Photo : un moment de patience lorsque nous sommes fâchés nous sauve des centaines de moments de regrets.
Lyne de même abonde dans le même sens.
Andrea Wady et son Wise Rider’s club nous suggère souvent de NE RIEN FAIRE. Ce club piloté par Andrea nous encourage à ne rien faire, juste à être ensemble, sans demandes à notre cheval. Elle dit que c’est ça qui bâtit un lien fort entre l’humain et son cheval mais que ça demande de la patience de notre part. Évidemment on ne fait pas que ça mais plus on le fait, mieux ça solidifie notre relation avec notre cheval.
Pas seulement ne rien faire mais aussi être calme.
Pour conclure sur ce thème de partenariat bienveillant, cette phrase fort significative.
UN PARTENARIAT VÉRITABLE C’EST DE TRAVAILLER ENSEMBLE EN SILENCE ET RESSENTIR COMME SI C’EST LA MEILLEURE CONVERSATION JAMAIS EUE.